Bienvenue

Connectez-vous à l'aide du menu en haut à droite pour personnaliser cette zone.

L'envers du déCOP : quelle place pour la communauté scientifique dans les négociations internationales ?

image 2c32db608c3d1aa32c36452717e3c35ce75357ad.jpg

Publié par Ingénieurs sans frontières

Ce sommet international sur le changement climatique fut l’occasion de se poser la question de la part du monde scientifique dans la sphère décisionnelle. Porter attention à cet aspect fut plutôt naturel pour de futurs-ingénieurs; quelle est notre place et celle de la communauté scientifique dans les grandes décisions pour l’avenir climatique?

> Quels sont les outils technico-scientifiques pour aider les négociateurs à préparer les textes de la COP?

La CCNUCC(1) s’est armée d’un organe officiel dédié à la technique. Il est également aisé de participer à des événements informels, organisés tout au long de la journée, qui abordent pour certains des solutions scientifiques. Afin de conseiller les parties dans la mise en place de solutions techniques adaptées à leur pays, la CCNUCC a mis en place un meeting d’experts. Nous avons également les RINGO, Research and Independant NGO, qui ne prennent pas part aux négociations. Enfin, la base de toutes décisions et orientations réside dans le livre sacré de la CCNUCC, le rapport du GIEC(2), publié tous les 5/7 ans.

> Que penser de ces outils ?

Premièrement, on s’aperçoit que la CCNUCC a besoin d’une base scientifique solide que fournit le rapport du GIEC; ce rapport est constitué par des experts du monde entier et met sept ans à être publié; ce qui au rythme des émissions de gaz à effet de serre n’est pas suffisant. Les événements informels, où des intervenants et des ONG du monde entier présentent des témoignages locaux et des technologies, n’intéressent malheureusement que peu les parties; même cas pour les meetings d’experts, où l’on note un bon taux absentéisme. Dans ces nombreux événements informels, des sujets très variés sont pourtant abordés : les 4 facteurs de la déforestation, la catastrophe des biocarburants, l’acidification des océans pour n’en citer que trois. Dans ces interventions, on peut noter un discours de révolution des énergies renouvelables, et une absence de remise en cause des modes de vies (hors voix indigènes). Dans une vision à long terme, les énergies renouvelables sont-elles pourtant durables ? Ne nécessitent-t-elles pas des usines? Les matériaux composants ne sont-ils pas difficilement recyclables ? Les énergies renouvelables ne sont pas détachées d’un schéma carboné, ce à quoi un intervenant a répondu que c’était le rôle de la recherche de s’attaquer à ces problèmes technologiques. Parallèlement, les ONG de chercheurs ne sont que peu sollicitées, elles ne semblent pas avoir de missions claires de la part de la CCNUCC. On peut aussi noter que ce discours dominant sur les énergies renouvelables n’amène pas de solutions low-tech, locales, ni l’esprit de la transition.

> Quelle place pour la communauté scientifique ?

De manière générale, on note une déconnexion entre le monde scientifique et le monde décisionnel. Celui-ci ne semble être là que pour fournir les informations d’aide à la décision, via le rapport du GIEC (qui est d’ailleurs simplifié pour les décideurs). Les autres initiatives semblent peu intéresser les parties, focalisés sur la formulation des paragraphes à négocier.

> Notes

(1) CCNUCC : La Convention Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique a été adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par 154 États. La CCNUCC organise les COP. La CCNUCC est la première tentative, dans le cadre de l'ONU, de mieux cerner ce qu'est le changement climatique et comment y remédier.
(2) GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat. Collecte les données et observations scientifiques.

> Lien vers l'article

https://www.facebook.com/notes/ing%C3%A9nieurs-sans-fronti%C3%A8res-compi%C3%A8gne/lenvers-du-d%C3%A9cop-quelle-place-pour-la-communaut%C3%A9-scientifique-dans-les-n%C3%A9gociati/1629644743814778/