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Appel au gel de la construction des nouvelles prisons et à une concertation globale

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Publié par GENEPI

Monsieur le Garde des Sceaux,

Nos organisations à travers leurs actions de terrain oeuvrent au respect de la dignité des personnes détenues. Elles sont particulièrement inquiètes face à la volonté des autorités de s’engager davantage dans un vaste plan de constructions de prisons pour atteindre à l’horizon 2018 un nombre de 80 000 places.
Les nouveaux établissements pénitentiaires cumulent de graves défaillances pointées par différents acteurs et relayées par la presse. Ils sont à la fois d’une taille excessive (798 places pour le centre pénitencier sud-francilien, 690 places pour la prison de Saint-Aubin-Routot, ou 810 places pour la prison de Béziers), sont souvent éloignés des centres urbains et font primer la sécurité sur les rapports humains, notamment à travers la vidéosurveillance, et ce au détriment des objectifs de réinsertion et de prévention de la récidive posés pourtant par la Loi pénitentiaire.
Dans son rapport d’activité 2010, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté pointait déjà que « les établissements de plus de deux cents détenus génèrent des tensions, et donc des échecs multiples, incomparablement plus fréquents que ceux qui sont plus petits ». Le nombre d’incidents dans ces nouveaux établissements, celui des suicides ou encore le nombre de retraits de surveillants de leur travail, notamment pour maladie, apparaissent plus élevés que dans les anciens établissements.
Si la surpopulation carcérale dans nos maisons d’arrêt et l’insalubrité de certaines prisons ainsi que la mise en oeuvre de l’encellulement individuel impliquent des réponses, l’approche choisie d’augmenter une nouvelle fois le parc pénitentiaire nous paraît ne pas intégrer les critiques remontant de ceux qui vivent la prison au quotidien. En outre, elle fait l’économie d’une approche systémique des causes de la surpopulation carcérale et de ses nombreux inconvénients pratiques. Choisir d’augmenter le nombre de personnes incarcérées, c’est abandonner le levier des aménagements de peine, dont on sait qu’ils constituent un rempart contre la récidive bien plus efficace que les murs d’une prison dont on sortira.
L’ACAT-France a lancé une campagne afin qu’un moratoire soit prononcé sur la construction des nouvelles prisons tout en appelant les décideurs publics à replacer la dignité humaine au coeur de la politique pénale. Les organisations signataires sensibilisent également leurs réseaux en ce sens. En conséquence, elles appellent à un gel, de sorte à organiser une réflexion globale rassemblant des acteurs de terrain.

Nous souhaitons pouvoir vous rencontrer afin d’échanger sur ces questions.

Restant à votre disposition pour convenir avec vos services d’une rencontre, nous vous prions de croire, Monsieur le Garde des Sceaux, en l’assurance de notre considération respectueuse.